Vers un point d’inflexion ?

Patrice Jorland[1]

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« Ce n’est pas parce que l’on a un marteau

que tous les problèmes sont des clous. »

Robert A. Manning

 

 

 

Ce qui est appelé la communauté américaine du renseignement compte 16 agences nationales. La Central Intelligence Agency (CIA) n’en est pas la plus importante, mais la National Security Agency (NSA) qui se consacre aux écoutes électroniques et à l’Internet. Quasiment tous les ministères participant à la politique sécuritaire disposent de leur instrument propre, ainsi que chacune des quatre armes du département de la Défense. L’ensemble, dont fait également partie le Federal Bureau of Investigation (FBI), est regroupé au sein du National Intelligence Council (NIC), ou Conseil national du renseignement, qui épaule le Directeur du renseignement national, chargé de la  coordination de cette proliférante bureaucratie. L’une des fonctions de ce Conseil consiste à étudier les grandes tendances du monde et de prévoir les scénarios possibles, afin d’éclairer  les dirigeants du pays. Sa publication la plus récente date de décembre 2012 et couvre la période allant jusqu’à 2030, soit, en termes stratégiques, le moyen terme. Nous ne nous fonderons pas sur ce texte, non point à cause de sa longueur, mais parce ce travail est repris sous une forme condensée par l’Atlantic Council, qui le prolonge par une série de recommandations éclairantes[2]. Or, cette instance, qui a été fondée en 1961, est l’une des boîtes à idées ou think tanks les plus influentes des États-Unis, parce qu’elle rassemble des personnalités d’expérience, ayant occupé ou continuant à occuper des fonctions dirigeantes. Le général James Jones l’a présidé jusqu’en 2009, avant que de devenir le premier conseiller pour la sécurité nationale de Barack Obama, cependant que son actuel président est sur le départ, puisqu’il s’agit de Chuck Hagel, choisi pour être le nouveau secrétaire à la Défense. Le rapport en question est un produit du Brent Scowcroft Center on International Security, qui se consacre à la grande stratégie et porte le nom de celui qui fut le conseiller pour la sécurité nationale des présidents Gerald Ford et George H.W. Bush. Non seulement ce document soutient les lignes directrices que l’administration Obama a suivies durant ces quatre dernières années, mais on peut également penser qu’il l’inspirera  durant le second mandat.

Le paysage stratégique

Dans son rapport, le NIC cherche à décrire le paysage stratégique à partir des quatre tendances de fond qu’il croit déceler :

1°) l’autonomisation (empowerment) des individus grâce au recul de la pauvreté, à la croissance mondiale de la classe moyenne, aux progrès de l’éducation, à l’allongement des études, à la diffusion des nouvelles technologies de l’information et de la communication, aux avancées de la médecine et de la santé ;

2°) une double diffusion de la puissance, latérale du fait de l’émergence d’un certain nombre de pays, verticale au sens où des entités non étatiques, des réseaux et des coalitions affaiblissent ces acteurs centraux que les États  sont restés jusqu’à présent ;

3°) des évolutions démographiques complexes, avec le ralentissement de la croissance de la population mondiale, le vieillissement des pays développés et, phénomène majeur, l’urbanisation accélérée à l’échelle planétaire ;

4°) l’accroissement des besoins alimentaires, énergétiques et en eau dont l’entremêlement forme un écheveau (nexus) de plus en plus complexe.

La manière dont ces tendances de fond se développeront au cours des quinze prochaines années dépend de six facteurs qui, pris ensemble ou suivant diverses configurations, sont en mesure de modifier la donne (game-changers). La volatilité économique et les déséquilibres entre acteurs économiques conduiront-ils à un effondrement général ou une plus grande multipolarité donnera-t-elle la résilience souhaitée aux échanges internationaux ? Les États et les Institutions internationales seront-ils en mesure de maîtriser les bouleversements en cours ou seront-ils noyés par eux ? Ces mêmes bouleversements conduiront-ils à des conflits inter et intra-étatiques plus nombreux et plus violents ? L’instabilité régionale, au Moyen Orient et en Asie méridionale notamment, débordera-t-elle, générant ainsi une insécurité mondiale ? Quels seront les impacts des nouvelles technologies et celles-ci pourront-elles répondre aux besoins d’une population plus nombreuse et plus urbanisée, tout en faisant face au défi du changement climatique ? Enfin, les États-Unis seront-ils capables de travailler avec de nouveaux partenaires afin de réinventer le système international ?

Quatre scénarios sont envisagés. Selon la prévision pessimiste la plus probable, les conflits interétatiques prolifèrent, les États-Unis se replient sur eux-mêmes et la mondialisation cale (stalled engines), alors que la prévision optimiste  la plus plausible voit la Chine et les États-Unis collaborer sur un ensemble de questions, jusqu’au point de coopérer à l’échelle internationale (fusion). Le nom donné au troisième scénario est un jeu de mots à partir de la lampe d’Aladin, puisqu’il envisage une explosion de l’indice de Gini[3], à l’intérieur des États et entre les États ou groupes d’États, rendant impossible à la puissance américaine de continuer à jouer son rôle de « policier global » (Gini-Out-of-the-Bottle). Plus improbable dans un laps de temps aussi court, des acteurs non étatiques parviennent à exploiter les nouvelles technologies pour saisir l’initiative à l’échelle internationale et conduire à un monde sans États (Non-state World).

Comme il a été dit, le rapport de l’Atlantic Council enrichit cette analyse de recommandations stratégiques, au nombre de six, adressées nommément à la nouvelle administration Obama, qui se met en place depuis les élections de novembre 2012. D’abord, faire en sorte que le second mandat adopte une vision plus stratégique que le premier, en reconnaissant la magnitude des enjeux. Ensuite, poursuivre la ligne suivie ces dernières années et donner la priorité au redressement intérieur des États-Unis, ce qui signifie notamment réduire les dettes publiques et privées, réindustrialiser le pays et amplifier la révolution énergétique. Parallèlement, ne pas se contenter du statu quo et reconnaître que s’ils ne cherchent pas à donner forme aux changements en cours, les États-Unis seront  remodelés par eux. Cela implique le renforcement des alliances existantes et que des interactions soient recherchées avec diverses catégories d’acteurs, afin de relever les défis et de saisir les opportunités qui se dessinent. Enfin, s’attacher de façon créative au principal foyer d’instabilité du XXIème siècle, qui est et demeure le Grand Moyen-Orient, depuis l’Afrique du nord jusqu’au Pakistan.

Certitudes et angles morts

Ce n’est pas le lieu de polémiquer avec les attendus et les prescriptions ainsi résumés, raison pour laquelle notre propos se limitera à quelques remarques. Aussi circonspect le rapport de l’Atlantic Council soit-il, il reste totalement inscrit dans une série de certitudes. Le fait que les États-Unis demeurent la principale puissance n’en est pas une, c’est une réalité indiscutable tant sur les plans militaire qu’économique, et on ne saurait sous-estimer les capacités de rebond ou d’innovation de ce pays. Toutefois, le fond du débat devrait porter sur la nature de la crise économique et sociale, bien plus profonde qu’un dérapage difficile à corriger et dont la dimension politique n’est ici qu’à peine effleurée, alors que la dérive ultra du parti républicain risque fort de conduire à un blocage des institutions. Il est vrai que plusieurs des animateurs de ce think tank appartiennent à la tendance dite centriste du parti de l’éléphant et s’étaient opposés au jeune Bush ou avaient pris leurs distances, notamment à propos de la politique conduite dans le Grand Moyen-Orient, de sa propension à abuser de l’instrument militaire et à privilégier l’unilatéralisme. À cet égard, et sans en faire la panacée, la tactique dite de la « direction depuis l’arrière » (leading from behind), qui avait été suivie en Libye, peut être précieuse, puisqu’elle conduit les subalternes à s’engager et à confirmer ainsi le rôle central de l’Organisation du Traité de l’Atlantique nord (OTAN)[4]. En tout état de cause, la devise placée en exergue de cet article laisse entendre que, pour les auteurs du rapport, le recours à la force des armes n’est pas toujours la meilleure solution.

Deux autres certitudes mériteraient une étude approfondie. Il s’agit d’une part de la « troisième révolution productive », dont les nouveaux moyens d’information et de communication ne constituent qu’un volet, auxquels s’ajoutent l’impression tridimensionnelle, les nanotechnologies, les piles à combustible, le génie génétique et les organismes génétiquement modifiés (OGM) en particulier. En tous ces domaines, les États-Unis disposent d’atouts qui devraient leur permettre de rebondir. Il en va ainsi de la « révolution du gaz de schiste », qui libèrera le pays de sa dépendance énergétique et le replacera au centre de la donne énergétique, aux dépens des pays du Golfe et de la Russie. Beaucoup de choses seraient à dire à ce propos, et pas seulement en matière de protection de l’environnement, dans la mesure où la longévité du boom économique engendré par l’exploitation des gisements nord-américains est loin d’être assurée. Plus prégnante encore, puisqu’elle fait l’objet d’une adhésion quasi universelle, la thèse selon laquelle le XXIème siècle sera celui de la « classe moyenne » globale, au sens où l’ensemble de la planète sera concerné et où les différents segments de ce groupe social seront connectés entre eux. Mais que recouvre-t-on sous ce terme, en particulier dans les pays du sud, au-delà du fait que ce phénomène est censé soutenir et élargir la demande des ménages à l’échelle de la planète ? Les auteurs évoquent d’ailleurs la persistance des inégalités entre zones du monde et le creusement de celles existant à l’intérieur de chacune d’entre elles, mais à suivre la doxa, l’avenir des libertés et de la démocratie est intimement dépendant de l’essor et de la consolidation de cette « classe » sociale.  La classe ouvrière est ainsi évacuée du monde réel, alors que ses effectifs n’ont jamais été aussi nombreux et que la question de ses rapports, relations et alliances avec les couches moyennes demeure centrale[5].

Pivotement

Si cependant ce rapport mérite d’être lu attentivement, c’est à cause de ce qu’implique son sous-titre. Nous approchons en effet un point d’inflexion dans l’histoire moderne et contemporaine de la planète, point qui devrait être atteint d’ici 2030 et qui marquera le passage d’un monde dominé par l’Occident, animé par lui, centré sur lui, à un monde post-occidental. Nulle région et nulle puissance n’y seront prépondérantes, si bien que la question des relations internationales se posera, et se pose déjà car il importe de préparer l’avenir proche, en des termes différents, qui restent à concevoir. Plusieurs données viennent corroborer cette analyse, par exemple l’émergence de « nouvelles puissances » et le phénomène de continentalisation économique que voile la mondialisation financière. La manifestation la plus visible de cette diffusion de la puissance se trouve dans l’essor de la Chine, qui fait l’objet d’une sixième recommandation, omise volontairement jusqu’à présent et la plus importante de la liste  reproduite plus haut.

Cela renvoie donc au « pivotement stratégique » des États-Unis vers l’Asie dont il faut au préalable souligner ce qu’il n’est pas. Premièrement, les États-Unis n’ont jamais abandonné cette région du monde, comme le prouve le fait que l’United States Pacific Command est, en termes de dotation, le plus important des six commandements continentaux du Pentagone, avec notamment la moitié des capacités navales. Celles-ci devraient passer à 60 %. Deuxièmement, cela n’implique aucunement l’abandon du Grand Moyen-Orient, zone d’instabilité majeure, aux ressources toujours cruciales en dépit de la « révolution du schiste » et où se trouvent trois des points d’étranglement (choke points) de la planète,  à savoir le canal de Suez, les détroits de Bab el-Mandeb et d’Ormuz. Comme le souligne le rapport, on peut craindre que, pour des raisons économiques, les relations entre cette région du monde et l’Asie orientale, dont les besoins énergétiques sont considérables, ne se resserrent et échappent ainsi à la régulation américaine. Troisièmement, cela ne signifie pas non plus que la relation transatlantique perdra de son importance, l’Union européenne restant  le partenaire indispensable des États-Unis tant sur le plan de la gouvernance économique que par le truchement de l’OTAN. Quatrièmement, le terme de pivotement est maladroit, qui peut laisser accroire que, par un retour de balancier, une autre zone du monde pourrait à l’avenir retenir la focale. Là réside la principale erreur commise par l’administration du jeune Bush, laquelle a ouvert une fenêtre d’opportunité aux dirigeants chinois. Aussi le terme de « pivot » paraît-il bien plus approprié, qui désigne la diagonale  ou l’axe à partir duquel peuvent s’ordonner les différents paramètres stratégiques, à savoir les évolutions démographiques, la question des ressources, les mutations technologiques et l’autonomisation des individus.

À suivre le rapport, ce qui est en jeu c’est la capacité des États-Unis à démontrer aux dirigeants chinois que l’intérêt et l’avenir de leur pays passent par un partenariat global avec la puissance régulatrice de l’ordre international. La complexité de l’entreprise tient en particulier au fait que l’intégration pleine et entière de la Chine implique des modifications dudit ordre international, ce dont le rédacteur du document est conscient, mais pour se retrouver, à l’instar de la plupart des stratégistes occidentaux, engagé dans la même impasse : si la configuration de l’ordre international est amené à changer, les normes et les principes qui le régissent sont acquis une fois pour toute ou, plus exactement, cette reconfiguration n’est concevable que dans le cadre normatif établi. Nous touchons ici un point nodal, qui est celui de la définition et du respect des normes internationales, définition et respect qui ne peuvent être établis que par la communauté internationale elle-même et non par une puissance ou un groupe de puissances, ni d’ailleurs par un éventuel condominium sino-américain. En d’autres termes, cela passe impérativement par le système de l’ONU et par le droit international que les puissances établies et l’hyper puissance américaine en particulier tendent à interpréter à leur manière. Le rapport se lamente d’ailleurs sur le fait que les États-Unis ne sont pas partie d’une série d’accords internationaux essentiels, comme la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer ou  le traité d’interdiction complète des essais nucléaires, à la rédaction desquels ils avaient pourtant activement participé. Autre aspect de la question, la volonté exprimée par l’administration Obama de jouer un rôle actif dans l’établissement d’un partenariat trans-Pacifique (Trans Pacific Partnership ou TPP).  On a retenu de ce projet qu’il n’incluait pas la Chine et qu’il engageait, autour du quatuor de départ (Brunei, Chili, Nouvelle-Zélande et Singapour), l’Australie, le Mexique, le Pérou, la Malaisie, le Vietnam et le Japon. Ce n’est là qu’un aspect et il ne nous semble pas qu’un éventuel élargissement parvienne à détourner les flux de marchandises et de capitaux. Ce qui nous semble être en jeu, c’est surtout la capacité des pays d’Asie orientale à continuer de développer de façon autonome, et on peut l’espérer mutuellement avantageuse, leurs relations régionales. La question s’est également posée en Amérique du sud et des réponses autonomes y ont été en effet données. Particulièrement intéressante à cet égard nous paraît être l’initiative dite de Chiang Mai, accord de swap entre les dix membres de l’Association of Southeast Asian Nations (ASEAN), la Chine (et Hong Kong), le Japon et la Corée du sud pour prémunir les monnaies nationales des spéculations internationales et des diktats du FMI. Les fonds ainsi disponibles ont été portés à 240 milliards de dollars en 2012.

À observer d’un peu plus près ce pivot, on retrouve une fois encore le principe stratégique déjà ancien qui se cristallise dans l’acronyme « concagement », c’est-à-dire de coopération économique d’une part et d’endiguement (containment) militaire d’autre part. Le rapport s’en défend, mais comme certains observateurs l’ont reconnu, si les termes peuvent être courtois, voire engageants dans la relation bilatérale, ils prennent une autre tournure à l’échelle régionale. De fait, et c’est là la deuxième contradiction fondamentale de cette grande stratégie, tout en cajolant Pékin, les États-Unis sont bien engagés dans un processus de regroupement, pas exclusivement militaire mais à forte composante politico-militaire, en renforçant les traités bilatéraux avec le Japon, la Corée du sud, les Philippines, la Thaïlande et l’Australie (structure dite de hub and spokes, ou moyeu et rayons), en concluant des accords d’accès avec Singapour, en tentant d’exploiter les différends maritimes en Asie du sud-est et en cherchant à détacher l’Inde de sa ligne indépendante, dans le même temps où le concept opératoire d’Air-Sea Battle prend corps, toutes choses faites pour réjouir le complexe militaro-industriel qui y trouve d’alléchants débouchés.

Le passé hante le présent et on peut comprendre que réapparaisse aujourd’hui le schéma historique de la nouvelle puissance dont l’ascension remet en cause le statu quo pour aboutir, en créant un « dilemme de sécurité » et en entraînant des escalades parallèles, à un conflit généralisé, comme ce fut le cas en Europe, à la charnière des XIXème et XXème siècles. L’ascension de la Chine est bien réelle, mais l’engrenage ne peut être évité qu’en révisant la lecture des tendances et en refusant la troisième contradiction du rapport, celle qui sous-tend les autres, et qui réduit le passage au point d’inflexion à un duel. Aussi importants soient ces deux pays, le monde ne se résume pas aux relations sino-américaines et le reste de la planète n’est pas condamné à un rôle d’observateur passif.

Notes:

[1] Historien, géographe.

[2] National Intelligence Council, Global Trends: Alternative Worlds, Washington, 2012 et Atlantic Council, Envisioning 2030: US Strategy for a Post-Western World Washington, 2012, dont le rédacteur principal est Robert A. Manning, espion chevronné et spécialiste tant de l’Asie orientale que des nouvelles technologies.

[3] L’indice de Gini est un instrument statistique de mesure des inégalités (ndlr).

[4] Damon M. Wilson : « Learning from Libya: The Right Lessons for NATO », Atlantic Council Issue brief. L’auteur doutait alors du bien fondé du leading from behind et l’on ne peut dire ce qu’il pense aujourd’hui des suites de l’opération militaire, tant à l’intérieur de la Libye que dans son voisinage. Par exemple au Mali. Certains médias américains ont vu dans les tourments qui assaillent ce pays un échec de la politique suivie par les États-Unis depuis une décennie. Une « Initiative pan-sahélienne » (PSI) avait été en effet lancée en 2002, afin de combattre les risques terroristes dans la région, et près de 8 millions de dollars ont été dépensés pour former des officiers et sous-officiers maliens à cette fin. Un « Partenariat contre-terroriste transsaharien », associant l’Africom, le département d’État et l’USaid, fit suite à la PSI en 2005, l’objectif étant de renforcer les capacités sécuritaires des pays de la zone. Entre cette date et 2008, le Mali reçut pour 37 millions de dollars de matériels et de formations. Des exercices appelés Flintlock (« pierre à silex ») ont été organisés chaque année, avec la participation de forces spéciales américaines et d’aéronefs Osprey. Pourtant, lors des premiers affrontements avec les bandes armées, des dizaines d’officiers formés par l’Africom  et des centaines de soldats ont fait défection, à Tombouctou et dans le nord du pays.  Le capitaine Amadou Haya Sanogo, celui-là même qui a dirigé le putsch contre le président Amadou, Tamani Touré, avait été par ailleurs l’un des bénéficiaires de ces programmes et avait suivi une formation aux États-Unis mêmes.

[5] Göran Therborn, « Class in the 21st Century », New Left Review, n°78, novembre – décembre 2012. Il n’est pas indispensable d’être un lecteur assidu des écrits de Marx sur la révolution de 1848 pour s’en convaincre, on peut se contenter de revenir au Frédéric Moreau de l’Éducation sentimentale et de s’intéresser aux  mouvements du monde arabe, des pays d’Amérique du sud ou encore aux affrontements récurrents que connaît par exemple la Thaïlande.

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