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1er février 2022

L’industrie gazière: un secteur stratégique pour la Russie

Par Catherine Locatelli, Université Grenoble-Alpes

Brian-Cantoni-e1484126017356L’industrie gazière est un secteur stratégique pour la Russie. Elle l’est d’abord pour son approvisionnement interne. La part importante du gaz naturel dans le bilan énergétique russe (53,5 % de la consommation d’énergie primaire soit 444 Gm3)[1] notamment dans le secteur industriel et dans le secteur électrique (49 %) lui confère une position particulière au sein de l’économie[2]. Cette industrie est ensuite, au travers des exportations, 260 Gm3, dont 190 Gm3 à destination de l’Europe[3], une variable importante des équilibres budgétaires du pays ainsi qu’un vecteur potentiel de son intégration dans l’économie mondiale. Les hydrocarbures représentent ainsi plus de 60 % des exportations de la Russie et les rentrées fiscales liées à ce secteur 41 % du budget fédéral (Yermako et Henderson, 2020).

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1er septembre 2021

La tragédie néolibérale, la pandémie et la place du travail au Brésil[1]

Graça Druck, Professeure à l’Université fédérale de Bahia, Brésil[2]

Illustration Article G. DruckLa tragédie néolibérale avant la pandémie

La crise mondiale qui dure depuis la pandémie de Covid19 a mis à nu devant le monde entier la tragédie néolibérale qui, au cours des 40 dernières années, a dévasté les sociétés capitalistes. Nous vivions déjà une situation de régression sociale au niveau mondial : taux de chômage élevé, intensification de la précarité de l’emploi, augmentation des inégalités, concentration des revenus, appauvrissement, retrait des droits, augmentation du nombre de sans-abri, maladies professionnelles, démantèlement de la santé publique, de la sécurité sociale et de l’éducation publique, entre autres. Le résultat d’un ensemble de contre-réformes et de politiques des gouvernements néolibéraux (travail, sécurité sociale, État, fonction publique, etc.).

Ainsi, il existait déjà une conjoncture de crise sociale dans le monde entier. Dans les pays d’Amérique latine, en 2019, plusieurs explosions et convulsions populaires, mouvements et processus électoraux se sont élevés contre cette situation (Chili, Équateur, Colombie, Mexique, Argentine). Dans le cas du Brésil, les manifestations massives de défense de l’éducation publique contre les attaques du gouvernement Bolsonaro ont également marqué ce moment.

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1er mai 2021

Quelle dynamique de la bifurcation ?

Pierre Bailly, économiste, Université Grenoble-Alpes

La bifurcation ouverte par les deux grandes crises de la mondialisation néolibérale sur le plan du fonctionnement de l’économie avec la crise de la financiarisation (crise dite des subprimes de 208) puis celle du modèle libéral dans ses dimensions sociale et politique face à la pandémie (Covid 2020) inaugure une période de transformations profondes de l’ensemble du monde instauré après la Seconde Guerre mondiale. Les deux crises successives démontrent que la réduction de l’économie au domaine financier appuyé sur l’efficience des marchés pouvait dédaigner l’économie de la production repose sur des illusions violemment démenties par les faits. L’économie réelle retrouve une place prépondérante avec la pandémie pour faire face à la pénurie de biens (masques, respirateur et autre gel) et de services (les personnels formés) à laquelle les marchés financiers se révèlent incapables de répondre.

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1er avril 2021

2000-2019, deux décennies de croissance pour de nombreux pays périphériques. Et qu’en est-il de leur développement ?

Patrice Allard, Rédacteur en chef de Informations et Commentaires

« Aujourd’hui, je ne pense pas que ce qui permet à un pays de se développer, ce sont les matières premières, les richesses naturelles, ni même simplement les forces productives. Je crois au contraire que la clé du développement réside dans la capacité à mobiliser les populations autour d’un projet collectif, autour d’une vision, et dans le fait d’être suffisamment crédible et légitime pour que la population accepte de faire des sacrifices pour que demain soit meilleur qu’aujourd’hui. »

Cette conviction, exprimée par Kako Nubukpo[1], invite à porter le regard sur les conditions suivant lesquelles des processus de développement ont pu se mettre en place ou ne pas se produire dans les pays périphériques au cours des deux dernières décennies[2].

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