À propos de la relation d’aide

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Les débats, fructueux, qui accompagnent les différentes interventions, ont principalement porté sur la relation d’aide, établie entre l’aidant et l’aidé. Deux points ont été l’objet de discussions riches et contradictoires.

1. Du point de vue de l’aidant, peut-il y avoir plusieurs conceptualisations de la relation d’aide ?

Position 1/ La relation d’aide peut se construire suivant un concept de solidarité reliant l’aidant et l’aidé, mais elle peut également s’établir à partir d’une mission civilisatrice, conception regrettable qui peut pourtant inspirer l’aidant. La relation d’aide peut donc recevoir des contenus différents.

Position 2/ S’il doit y avoir une place pour l’idéologie de l’aidant dans cette relation, celle-ci ne peut être autre que la solidarité. En s’écartant de celle-ci, on sort de l’essence même de l’aide. Apporter une aide et transmettre une civilisation à un receveur sont choses différentes.

2. Du point de vue de l’aidant, quel doit être le contenu d’un rapport d’aide ?

Position 1/ La subjectivité de l’aidant, ses représentations culturelles héritées d’une histoire nationale n’ont pas leur place dans la construction de la relation d’aide. Ainsi en est-il de la culpabilité de l’aidant au regard du passé colonialiste de son pays. D’un aidant à l’autre, ces représentations ne sont pas les mêmes. Elles doivent donc être mise à l’écart de cette relation.

La relation d’aide est établie entre des sauveteurs (les aidants) et les victimes d’une crise (dont les origines sont multiples) qui crée une rupture contextuelle, bouleversant les équilibres d’une population. Dans cette relation, il appartient à l’aidant qui est ici sauveteur de :

* Créer un espace d’humanité dans une société détériorée par la crise qui l’a frappée ;

* D’être l’acteur d’une transformation sociale qui rend les victimes capables de bénéficier des droits communs accordés à tous.

Position 2/ Deux remarques sont ici nécessaires.

La subjectivité des aidants peut devenir un obstacle dans la construction d’une relation d’aide. Le sentiment de culpabilité éprouvé par l’aidant, comme par exemple du fait de l’héritage du passé colonialiste de son pays, fausse ses analyses. Cette difficulté est d’autant plus lourde que cet héritage est souvent inconscient et que sa correction passe par la nécessité de l’objectiver, de le rendre conscient.

La construction d’une relation d’aide impose à l’aidant d’être avec l’aidé et non d’agir à sa place. Ainsi l’aidant ne doit pas considérer qu’il mène une action à partir d’un vide initial. Il doit être curieux de connaître ce qui existait et s’appuyer sur cet existant pour construire cette relation.

Position 3/ La construction de la relation d’aide s’inscrit également au présent dans un monde où le Nord, d’où viennent le plus souvent les aidants, domine le Sud, ce qui place les habitants de ce Sud dans une situation économique, sociale et politique de victimes potentielles. Cette relation doit donc être située également dans un cadre politique afin d’éviter que l’aidant ne soit complice mais reste sauveteur.

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