Une perspective historique sur l’avancée du néolibéralisme dans le secteur minier au Mexique. La réforme minière de 2023 : un premier pas dans la lutte contre l’extractivisme ?
par Fabiola Jesavel Flores Nava, Professeure d’histoire économique, Faculté d’économie, UniversidadNacionalAutónoma de México (UNAM)1.
La place périphérique du Mexique dans le système capitaliste mondial est très importante pour comprendre le processus historique qui a façonné les conditions de l’extractivisme néo-libéral observé dans ce pays, ainsi que les enjeux de la réforme minière mise en œuvre en 2023. Il faut en effet prendre en compte la relation systémique qui existe entre les centres de l’économie mondiale, la semi-périphérie et la périphérie. Les pays considérés comme centraux, et en particulier le pays hégémonique, soutiennent partiellement leur pouvoir par la subordination de vastes zones économiquement plus faibles, ainsi que par le contrôle de certains secteurs de la semi-périphérie, selon la logique d’accumulation du capital.
Dans le cadre de la division internationale du travail, la zone de moindre développement économique est construite historiquement, car le contrôle de cet espace permet d’«exporter » une grande partie de sa richesse socio-matérielle vers les zones centrales de l’économie mondiale. Cet article analyse ainsi le secteur minier au Mexique au prisme du processus de transfert de surplus vers les entreprises transnationales de la métropole, et interroge sous cet angle la réforme minière de 2023 au Mexique.
1. Exploitation des ressources naturelles dans les pays de la périphérie
Le marché mondial est marqué par une division internationale du travail, dans laquelle les pays du centre de l’économie mondiale capitaliste, en particulier les États-Unis, certains pays de l’Union européenne, voire désormais la Chine, ont un développement industriel et entrepreneurial capable de d’induire la production mondiale, définissant dans une certaine mesure la manière dont le marché mondial est organisé. Les pays intégrés dans la zone périphérique du système mondial, en Amérique latine et en Afrique notamment, participent peu à la définition et à l’orientation des voies de développement formulées par le pays hégémonique. Leur insertion dans la production mondiale se base principalement sur la production de produits semi-finis, ainsi que sur l’exportation de matières premières.
Pour les États-Unis, entre 2015 et 2017, la valeur des exportations de minéraux et de métaux ne représentait que 6 % du total des exportations ; pour la Chine 1 % tandis que, pour l’Amérique latine et l’Afrique, cette part atteignait 58 %2. Des évolutions ont toutefois été observées entre 2017 et 2023, notamment le rôle de plus en plus important des acteurs chinois dans l’évolution du marché des ressources minières. Le tableau ci-dessous montre qu’en 2023 trois des sociétés minières les plus lucratives du secteur sont d’origine chinoise.
Classement des principales entreprises minières, revenus en milliards $
Glencore, UK
256,03
Jangxi Cooper, Chine
69,28
BHP, Australie/UK
60,59
Rio Tinto, Australie/UK
55,84
Vale, Bresil
42,74
Aluminum Corporation of China, Chine
41,53
Zijin Mining Group, Chine
40,03
Anglo American, UK
35,12
Tata steel, Inde
29,35
Hindalco, Inde
26,91
Afin de renforcer les processus de périphérisation, le pays hégémonique ou les économies centrales peuvent jouer sur différents mécanismes de pression qui profitent à leurs capitaux et leur permettent d’obtenir une augmentation de leurs profits, par l’intermédiaire d’un important transfert de richesses socio-matérielles. Ces mécanismes sont divers : dépossession des terres, surexploitation du travail, réduction des dépenses en capital, extraction excessive des ressources naturelles, prédation des infrastructures technico-productives nationales par le biais de la concurrence ou de la dévaluation des actifs, politique de prix visant à évincer la concurrence interne, déréglementation du crédit et de la finance, etc. Dans le même temps, une redistribution conséquente des bénéfices est assurée au sein des fractions de la classe dirigeante des pays périphériques, grâce en particulier aux accords de libre-échange.
Dans ce cadre, les ressources naturelles acquièrent un caractère stratégique dans le processus de reproduction globale du capital, compte tenu de leur nécessité fonctionnelle dans les processus de production3. Les secteurs de pointe, concentrés dans les pays des économies du centre, dépendent de certaines matières premières, telles que les minéraux, les produits chimiques et les matières organiques qui servent de sources d’énergie. Cela établit une division claire entre les pays riches en savoir-faire ou à la pointe de la technologie et les pays en retard qui fournissent des ressources naturelles abondantes et bon marché. En effet, faute du développement technologique qui permettrait leur extraction et leur transformation, la possession des ressources naturelles est dévalorisée face au capital des économies centrales du système mondial. Dans certains cas, ces capitaux peuvent investir massivement dans les secteurs politiques et militaires et obtenir ainsi un accès privilégié à ces ressources stratégiques.
Les caractéristiques des relations entre les nations faibles et les nations fortes ont été construites historiquement et n’ont donc pas un caractère spontané et, cela même lorsqu’on observe le développement de politiques sociales dans les pays périphériques. Sur ce point, il est important de noter que, à partir des années 1970, les mécanismes d’assujettissement des nations dépendantes évoluent et se perfectionnent (cf. supra.).
Les sociétés transnationales jouent un rôle clé dans la construction de cette dépendance. La répartition des sociétés minières est la suivante : en 2019 comme en 2023, les sociétés minières anglo-saxonnes (Glencore, BHP et Rio Tinto) figurent parmi celles qui génèrent le plus de revenus de leurs activités extractives. En 2023, la Chine occupe la place stratégique dans le secteur minier, supplantant les États-Unis et le Canada. Dans le même temps, elle est également le pays qui consomme le plus de produits miniers.
2. Extractivisme au Mexique et changement idéologique
Au Mexique, les entreprises les plus importantes dans le secteur de l’extraction de l’or demeurent des compagnies d’origine canadienne, qui partagent la gestion avec des filiales américaines. Les autres grandes entreprises de production minière au Mexique appartiennent au Grupo de la Industria Peñoles, au Grupo Carso et au Grupo Mexico.
Principales compagnies extractives au Mexique en 2019, revenu, milliards de pesos
Americas Mining Corporation
153,42
Industria Penoles
86,13
Fresnillo PLC
40,82
Newmont Goldcorp de Mexico
11,56
Minera Frisco
9,51
Agnico Eagle de Mexico
8,51
Pan American Silver corp.
8,21
Autlan, Mexique
8,09
First Majestic
7
Argonaut Gold, Mexique
5,18
Dans le cadre de l’ouverture aux compagnies, la législation mexicaine a évolué à partir de la fin du 20e siècle pour soutenir, par des moyens « légaux », les dépossessions les plus ignobles. Les concessions pour l’extraction des ressources minérales ont été accordées avec le soutien de l’État-nation, qui a soutenu les grandes entreprises transnationales dans l’industrie extractive au Mexique.
Le soutien « légal » et économique a été légitimé par un discours dominant dont l’idéologie a fonctionné selon la logique du sauvetage économique : la croissance et le développement des nations périphériques apparaissent subordonnés à l’accueil d’investissements étrangers directs. C’est par ce mécanisme que les sociétés transnationales intègrent les pays subordonnés dans la dynamique mondiale, en tant que maillon dans une chaîne mondiale dont ils ont un besoin pratique pour survivre :
…l’argument dominant légitime l’action des grandes entreprises comme le principal moyen pour impulser le processus de développement économique (…). [Or] En prenant en compte les pratiques de pouvoir, la portée de l’efficacité comme critère et facteur d’ordonnancement de l’économie capitaliste est réduite. Les grandes entreprises, en poursuivant leurs intérêts particuliers, n’assurent pas le bien-être général. En outre, les pratiques de pouvoir révèlent les effets néfastes des entreprises transnationales sur les sociétés qui les accueillent et sur l’environnement« 4.
Pour qu’une telle idéologie soit devenue hégémonique au Mexique, et qu’elle soit présentée comme l’option la plus crédible, voire unique, jusqu’au sein des discours des gouvernements progressistes, les origines historiques des processus ayant entériné et justifié la spoliation, ou, en termes économiques, ayant impulsé le processus actuel d’accumulation du capital, ont été effacés. Il est possible de structurer l’analyse du processus susmentionné autour des points suivants :
1.— Disparition des principales sources d’emploi ;
2.— L’élimination des différentes formes nationales de reproduction ou des différentes formes d’organisation de la production, qu’elles soient publiques, collectives ou privées ;
3 — Dépréciation des actifs du secteur public ;
4 — Disparition des bases technoproductives, c’est-à-dire la désindustrialisation ou la reconversion industrielle.
5 — Militarisation ou guerre de basse intensité là où il y a de la résistance, ou dans des zones très organisées d’un point de vue social ou productif.
3. Dynamique démographique et surpopulation relative
Du point de vue de l’économie politique critique, les processus générés par l’accumulation du capital, mentionnés ci-dessus, induisent une croissance constante de l’armée industrielle de réserve (AIR) sous ses différentes formes. Dans le cas du Mexique, le processus de destruction – reconstruction, guidé par les besoins renouvelés de la reproduction du capital global a impliqué, d’une part, la destruction ou la dévaluation de nombreux secteurs nationaux dans les zones périphériques et, d’autre part, l’ouverture à l’investissement direct étranger (production orientée vers l’exportation) au profit des grandes transnationales et d’un groupe de pouvoir économique lié à l’État mexicain. Ce fait a considérablement augmenté la masse de personnes qui ont rejoint l’AIR depuis la dernière partie du 20e siècle jusqu’à aujourd’hui.
La population évoluant dans le secteur informel s’est ainsi dans le cadre d’un phénomène qu’on appelle l’accumulation flexible5. À travers ce concept, nous soulignons le rôle des leaders économiques6, qui redéfinissent historiquement les voies hégémoniques du développement ; ces dernières façonnent la reproduction globale du capital, ainsi que, fondamentalement, la dynamique reproductive de la population.
Les points deux et trois peuvent être liés à ce que l’économie politique critique a appelé la formation d’une surpopulation latente7. Cette population latente est celle qui est évincée par les processus de mécanisation de l’agriculture (qui s’accompagnent généralement de la concentration des terres entre les mains de quelques-uns), ou alors par le manque d’investissement dans l’agriculture, voire par le processus de privatisation des terres (comme la modification de l’article 27 de la Constitution en 1992 — cf. infra). Cette expulsion des hommes, des femmes et des enfants de la campagne n’est pas compensée par une attraction ou une incorporation dans la population économiquement active, c’est pourquoi le nombre de chômeurs, qui attendent de trouver une place dans le processus de reproduction du capital, tend à augmenter.
« Au Mexique, 72 % des producteurs ruraux sont en difficultés financières. Entre 2006 et 2011, les familles vivant dans les zones rurales ont subi une perte cumulée de 44 % de leur pouvoir d’achat, plus de 29,2 millions d’agriculteurs n’ont pas eu accès au panier alimentaire de base et seuls 3,9 millions ont pu consommer certains des produits qui le composent. Dans certains endroits, huit membres de la famille sur dix se déplacent dans ce pays (…). Résultats de 18 ans d’ALENA et de 20 ans de modifications de l’article 27 de la Constitution« 8.
Les points un, trois et quatre sont liés à la dynamique démographique qui a parti lié avec l’accumulation capitaliste et qui détermine l’émergence d’une population stagnante9. Cette partie de l’AIR migre de la campagne vers la ville, de la ville ou de la campagne périphérique vers la métropole, de villes peu développées vers des villes plus développées économiquement, etc.10
Les mécanismes qui sous-tendent la formation de la population stagnante peuvent être divers : certains sont causés par les processus d’accumulation par dépossession11, d’autres par la marchandisation de la vie et des espaces reproductifs, par la dévaluation des actifs de l’État, par la destruction du capital national (sous toutes ses formes, commerciale, productive et financière) etc. Des phénomènes qui, ensemble, génèrent une population excédentaire. Cette population peut être réintégrée dans les processus de reproduction globale du capital, mais en étant surexploitée au sein du marché « informel », en recevant des salaires très bas et des contrats irréguliers12. On peut dire qu’une grande partie de l’accumulation du capital au Mexique dépend de l’utilisation intensive de cette surpopulation relative.
La population flottante13 qui résulte de l’expulsion des travailleurs de l’industrie minière est liée à la dévaluation du secteur minier au cours des années 1970 à 1994, ainsi qu’à l’intégration de l’industrie transnationale qui domine le secteur du développement technologique. Les grandes quantités de capital accumulées et prêtes à être investies génèrent d’énormes rendements pour les transnationales du secteur (voir le tableau ci-dessous).
Production d’Or au Mexique, 15 principaux sites miniers, 2022
Site
Compagnies
État
Penasquitos
Newmont
Zacatecas
El Limon-Guajes
Torex Gold
Guerrero
La Herradura
Fresnillo plc
Sonora
Dolores
Pan American Silver
Chihuahua
Mulatos
Alamos Gold
Sonora
Los Filos
Equinox Gold
Guerrero
Palmarejo
Cœur Mining
Chihuahua
Pinos Altos
Agnico Eagle Mines
Chihuahua
Santa Elena
First Majestic Silver
Estado de México
San Dimas
First Majestic Silver
Durango
Noche Buena
Fresnillo plc
Sonora
La India
Agnico Eagle Mines
Sonora
Saucito
Fresnillo plc
Zacatecas
San Augustin
Argonaut Gold
Durango
El Herrero
Mina de Bacis
Durango
4. L’extractivisme au Mexique suite à la réforme de l’article 27 de la Constitution en 1992
Historiquement, l’État possédait, investissait et gérait l’industrie minière au Mexique, mais, à partir de la fin des années 1970, il a cessé de d’investir dans le développement du secteur, ce qui a entraîné une stagnation des bénéfices générés et une dévalorisation des actifs miniers. Une fois cette dévalorisation réalisée, les actifs étatiques ont été vendus à des entreprises privées, en particulier à la fraction d’entrepreneurs alliés au pouvoir de l’État mexicain. Plus tard, à partir des années 1990, avec la transformation de l’économie mexicaine en une économie orientée vers le marché extérieur, l’objectif a été d’attirer les IDE afin de relancer le secteur. Au cours de ces années, tous les éléments économiques et sociaux des processus d’accumulation de capital susmentionnés sont entrés en jeu.
Suite à l’amendement de l’article 27 de la Constitution en 1992, le territoire mexicain riche en ressources naturelles et les personnes qui y vivent ont été littéralement mis en vente. Pour attirer les IDE, la taxe sur les exportations minières a été supprimée, la contribution de l’industrie minière au budget de l’État a été réduite de 90 % et, enfin, la durée des concessions minières a été portée de 25 à 50 ans, avec la possibilité de la prolonger de 50 ans supplémentaires14. En plus de ces changements, les salaires sont dévalués dans tout le pays15.
En dépit de cette manière brutale de réorganiser la reproduction sociale au Mexique, les IDE sont perçus comme bénéfiques : l’héritage historique de la souveraineté étatique sur les ressources s’érode donc et il est remplacé par un discours idéologique de fausses promesses, dans lequel le capital étranger apparaît comme le sauveur d’un pays en ruine. Aussi, il apparaît compréhensible que les membres de la surpopulation stagnante considèrent l’offre d’emploi par les entreprises étrangères comme un bienfait, malgré le pillage des ressources qu’elles représentent en réalité.
D’un point de vue juridique, la loi minière de 1992 a apporté un changement important de l’article 6, qui en retour a soutenu le processus décrit ci-dessus. L’État a renoncé à sa compétence publique, consistant à être le seul à pouvoir extraire les ressources. La dépossession a ainsi été légalisée et justifiée. Ce sont désormais des entreprises privées qui peuvent acquérir la concession d’un territoire contenant des minéraux, ce qui leur donne la possibilité de l’utiliser et de l’exploiter. À partir de ce moment, ce n’est plus l’État-nation qui bénéficiera de cette exploitation, mais le capital privé qui profitera de l’extraction des minéraux. Cela a marqué un changement radical dans les politiques publiques et dans la façon dont l’État était perçu.
Avec cette loi, l’activité minière a été privilégiée par rapport à toute autre activité, productive ou improductive. Ainsi, en privilégiant l’activité minière, les possibilités de mettre en œuvre un autre type de développement que le développement extractiviste ont été mises à mal. Les projets agricoles, le tourisme écologique ou d’autres formes d’occupation des terres ont été sapés pour les populations vivant dans les zones riches en ressources minérales (voir le tableau ci-dessous qui récapitule les conflits autour des projets miniers au Mexique).
La dépossession et la concentration des terres par le capital privé représentaient, avant la réforme de 2023, 16,7 % du territoire national mexicain. Pour saper la dynamique extractiviste, l’Etat pourrait promouvoir l’expropriation de ces gisements miniers et leur restitution aux milliers de personnes affectées par l’industrie minière, faute de quoi l’exploitation excessive des ressources se poursuivra. À titre d’exemple, « l’industrie minière a extrait 437 millions de mètres cubes d’eauen 2014. C’est assez d’eau pour couvrir les besoins humains de toute la population de Baja California Sur, Colima, Campeche et Nayarit pendant la même période. »16
Pour le Mexique, l’effet du processus d’accumulation globale du capital n’a pas seulement été le transfert de la richesse matérielle de la périphérie vers le centre. L’accumulation du capital a également signifié un processus de surexploitation de la nature et des travailleurs du secteur minier. Cela s’est concrétisé par le fait qu’une partie du fonds de consommation des travailleurs, ainsi que les biens communs de l’État-nation, soit devenue une partie du fonds d’accumulation des grandes transnationales de l’industrie minière (voir tableau ci-dessous)17. La contribution fiscale de l’industrie minière est minime : elle ne représente que 0,04 % du PIB. De plus, il n’y a pas de retour de l’industrie en termes de taxes qu’elle pourrait payer à l’État pour compenser les dommages écologiques et sociaux qu’elle génère. Il avait également été mis en avant que le secteur générerait des emplois ; cependant, au cours de la période de 2018 à 2019, il n’a généré que très peu d’emplois18.
L’activité minière n’intègre pas les habitants des zones minières, mais dévaste et appauvrit leur espace. Ainsi, dans le cas du village de Mezcala au sein de l’état de Guerrero :
« … l’intensification de l’extraction minière depuis 2005 a entraîné un processus profond et conflictuel de transformation sociale, économique et culturelle. Ces changements ont été provoqués par l’intervention rapide et agressive de Goldcorp, qui a encouragé les actions d’appropriation territoriale, en particulier pour le contrôle des terres, du sous-sol et de l’eau. Cela a généré un conflit socio-environnemental qui dure depuis 16 ans et qui a entraîné une augmentation des inégalités socio-économiques entre les habitants de la région, l’irruption du crime organisé dans la vie quotidienne, avec des niveaux et des formes de violence jamais vus auparavant par la population paysanne locale, ainsi que la dévastation de l’environnement causée par les énormes fosses minières et les réservoirs de lixiviation, qui ont détruit la surface, modifié les cours d’eau naturels et contaminé les nappes aquifères.19«
Principales compagnies extractives au Mexique en 2023, revenu, milliards de pesos
Americas Mining Corporation
192, 56
Industria Penoles
105,12
Fresnillo PLC
47,96
Newmont Goldcorp de Mexico
15,97
Torex Gold
15,65
Vedanta México
9,82
Corporation First Majestic
9,42
Minera Frisco
8,76
Pan American Silver corp.
6,91
Autlan, Mexique
6,48
5. La réforme minière de 2023
Cet état des lieux nous amène à mettre en lumière les avancées qui pourraient suivre la dernière réforme de 2023, qui a modifié plus de 60 articles de la loi de 1992. Ces dernières vont dépendre de l’information et de la force sociale et organisationnelle des communautés affectées. Bien que cette loi constitue une étape fondamentale dans la lutte contre le néolibéralisme, les modifications apportées à l’utilisation durable des ressources en eau, ainsi que le développement de projets socio-environnementaux qui protègent les ressources naturelles, auront des effets s’il existe un soutien constant aux groupes sociaux et aux organisations qui se trouvent autour des projets d’extraction20.
Bien que la loi prenne en compte l’intérêt des propriétaires de la terre, il est important d’arrêter tout projet d’extraction, car à ce jour, aucun n’a prouvé qu’il était durable. La nouvelle loi a éliminé la prééminence de l’activité minière par rapport à toute autre. Il est donc tout à fait possible que, grâce à l’expérience de la lutte des communautés affectées par l’industrie minière, l’avancée des transnationales puisse être stoppée.
La réforme de 2023 comporte un article très important : celui qui élimine la concurrence au sein de l’activité minière, c’est-à-dire l’échange illimité et irrégulier de concessions. L’article 13 élimine la gratuité des terrains, ce qui signifie que, si la concession est accordée pour une certaine période, elle ne peut plus être revendue, ni négociée ou manipulée. La durée de validité des concessions a été réduite à 15 ans, mais la possibilité de renouveler la concession n’a pas été supprimée. Il convient de noter que, sous M. López Obrador, il n’y a pas eu d’attribution de nouvelle concession.
Un autre changement important concerne la loi sur l’eau qui avait été adoptée en décembre 1992. L’article 9, désormais modifié, évoque l’utilisation durable des ressources naturelles, mais, selon plusieurs enquêtes, aucun projet d’extraction minière ne démontre réellement une utilisation durable. L’article réformé fait surtout référence à des éléments socio-environnementaux, comme la protection de l’eau et la nécessité de réaliser des études pour prouver aux communautés que les zones où l’industrie minière est implantée ne seront pas affectées, d’un point de vue écologique. La nouvelle loi redonne un pouvoir à l’État en lui restituant la capacité de décider quels minéraux sont stratégiques pour le pays et lesquels ne le sont pas. Des progrès dans ce sens n’ont été réalisés que dans le cas spécifique du lithium.
6. Dynamique de résistance contre l’extractivisme
Bien que la réforme est intéressante, il faut rappeler que, pour la société capitaliste moderne, quelles que soient les limites ou les contraintes qui lui sont imposées, la reproduction du capital est la dynamique la plus importante. La reproduction du capital dépend de la subsistance d’une partie de la population de sorte que les armées de travailleurs actifs, et certains travailleurs de réserve, bien que subordonnés à la logique reproductive du capital, obtiennent un minimum ou une subsistance de base. En d’autres termes, la reproduction sociale doit avoir lieu d’une manière ou d’une autre, soit directement, en tant que partie de l’armée active (AE), soit indirectement, dans la fluctuation entre l’emploi et le chômage (AIR). Il existe cependant une population excédentaire qui est exclue des garanties minimales de reproduction et qui oscille toujours entre la misère et le danger de mort (migrants, dépossédés, sinistrés des mines, etc.)21
Actuellement, l’une des principales zones d’expansion minière au Mexique est Zacatecas. On peut mentionner, à titre d’exemple, la municipalité de Mazapil, un territoire occupé par l’industrie minière qui extraie de l’argent, de l’or, du plomb et du zinc. Il s’agit d’une zone aux contrastes intenses : 12,3 % de sa population est en situation d’extrême pauvreté et 63 % en situation de pauvreté. En même temps, il y a une énorme pénurie d’eau qui, selon les estimations, durera plus de 25 ans dans cette région. L’entreprise qui s’est installée dans la municipalité promettait un développement économique important pour l’ensemble de la population, mais les résultats ont été différents.
« ...la réalité ethnographique de la mine de Peñasquito relativise ces arguments. La compagnie minière a indiqué qu’au cours des trois années de construction, elle a fourni près de 8 000 emplois directs. Dans la phase d’exploitation, elle a annoncé que 3 500 personnes seraient employées jusqu’à la fermeture de la mine en 2033, mais les sociétés minières et les entreprises contractantes ont préféré faire appel à des travailleurs étrangers ayant reçu une formation technique. Pour l’essentiel, la population locale a été laissée à l’écart des attentes initiales. Fin 2009, le nombre de paysans de Cedros et d’El Vergel embauchés pour exploiter la mine ne dépassait pas 70 personnes avec des salaires de 5 000 pesos par mois — 400 USD. À l’opposé, on trouve au moins 2 000 personnes qui vivent de l’économie agricole au sein de la vallée de Mazapil, aujourd’hui détruite par la dépossession de la terre et de l’eau orchestrée par la compagnie minière, une population que Goldcorp pousse dans la misère. L’organisation de l’exploitation minière fait que la masse salariale est minuscule dans l’économie micro-régionale. En réalité, l’essentiel de la production économique des travailleurs – avec des salaires de 10 000 à 20 000 pesos par mois – se fait « à l’intérieur » de la mine et dans les lieux d’origine des employés. À l’intérieur, il y a des cantines, des blanchisseries, des tentes et des dortoirs pour 1 500 personnes, qui occupent les lits par roulement. L’entreprise pourvoit aux besoins immédiats des employés, qui travaillent donc quatre semaines de travail et deux semaines de repos, avec des équipes de 12 heures de travail et 12 heures de repos. Les travailleurs, dont une grande partie sont des étrangers, ne quittent la mine que pour prendre le bus et parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour rentrer chez eux, dans les villes de Monterrey, Saltillo ou Zacatecas« 22
Face à la subordination du processus de reproduction sociale au processus d’accumulation capitaliste, il existe une dynamique de résistance qui exprime la nécessité de contenir la logique reproductive du système moderne. La résistance sociale reste un phénomène qui accompagne l’expansion extractiviste. Au Mexique, plus de 300 conflits liés à ce secteur ont été enregistrés (cf. supra)23, et en termes humains, nous constatons que plus de 58 défenseurs de l’environnement qui ont tenté d’arrêter ce type de mégaprojets ont été assassinés dans le cadre d’une pratique de contre-insurrection.
En 2019, une victoire importante a été enregistrée dans la lutte contre l’extractivisme au Mexique, celle des habitants de San Miguel el Progreso (Guerrero), qui ont réussi, après 8 ans de lutte, à remettre en cause une concession sur leur territoire, qui avait été accordée à une compagnie minière britannique. Cependant, il est important de souligner que, pour stopper l’avancée de l’industrie minière, il a été important de pouvoir s’appuyer sur une proposition alternative de voie de développement, en tant que communauté agraire, ainsi que sur une conception du territoire basée sur une force collective. En l’occurrence, il s’est agi de l’organisation politique et la connaissance de l’histoire moderne de la communauté Júba Wajín, qui s’est opposée ensemble à la proposition du projet minier24.
À Morelos, depuis quelques années, il y a un conflit qui implique l’entreprise canadienne Alamos Gold Inc. qui possède une concession pour sept zones territoriales de La Esperanza. Dans cette zone, il existe de nombreux acteurs sociaux, défenseurs de la terre et de l’eau, y compris des membres des communautés affectées, des fonctionnaires, des intellectuels, etc. La résistance et le rôle de cette force sociale ont permis d’arrêter, dans une certaine mesure, l’avancée de l’exploitation des ressources minérales et hydriques dans la région. Cependant, il est très important de souligner qu’il est essentiel de trouver de véritables analyses autonomes, dont la connaissance des réalités socio-environnementales protège réellement les territoires et les personnes qui les habitent, car, comme dans le cas de la mine de La Esperanza, l’entreprise elle-même utilise un discours reposant sur projet d’avenir :
« …un nouveau modèle d’exploitation minière socialement et écologiquement responsable » qui vise à respecter les droits de l’homme, la protection sociale et surtout la protection de l’environnement en ajustant ses processus à l’agenda 2030 de l’Organisation des Nations unies (ONU). En outre, ils ont mentionné qu’il ne s’agirait plus d’une mine à ciel ouvert, mais d’une mine de type carrière, comme celle qui est exploitée pour obtenir des minéraux pierreux, une situation qui vise à masquer le fait que l’exploitation minière en elle-même endommage les environnements socio-environnementaux, quel que soit le type de processus d’exploitation et de valorisation que l’on souhaite mettre en œuvre... »25
La victoire des communautés a reposé sur une organisation communautaire et une longue histoire de lutte. C’est pourquoi nous sommes enclins à penser que la seule manière authentique de défendre le territoire passe par les différentes formes de résistance que les populations ont trouvées contre les projets d’extraction.L’avancement des réformes se heurte à des fractions de la classe dirigeante, aux hommes d’affaires les plus puissants, tant nationaux qu’étrangers, et à la subordination de l’économie mexicaine aux lois internationales, telles que le T-MEC26, qui représentent également un énorme problème pour la réforme radicale du secteur minier. Il s’agit d’un processus qui dure depuis plus de 42 ans : la disparition des bases technoproductives des États-nations latino-américains, qui les a définitivement transformés en États qui vendent aux enchères la nature et leur main-d’œuvre. Il s’agit donc d’un processus de dépossession qui a commencé il y a longtemps. Enfin, il n’existe pas non plus de chaînes qui articulent le processus global de la périphérie vers un marché intérieur qui permettrait de renforcer les projets et développements autonomes proposés par les communautés qui habitent cette terre mexicaine.
Annexe
Conflits impliquant l’industrie minière
année
Projet minier
Ressources minérales
Nature du conflit
Ejido de Huizopa (Chihuahua)
2007
Extraction à ciel ouvert de la mine Dolores
Or
Déplacement de communautés, atteinte à la santé, pollution et dégradation des ressources naturelles.
Mulatos (Sonora)
2005
Mine de Mulatos
Or
Déplacement de communautés, atteinte à la santé, pollution et dégradation des ressources naturelles.
San Antonion de la Cal, Toliman
2010
Usine de flottation pour le traitement du minerai d’antimoine
Antimoine, Or, argent
Conflit avec les activités agricoles
Alto Lucero
2011
Extraction à ciel ouvert
Or
graves atteintes à l’environnement. Dangers de production dus à la proximité de la centrale nucléaire
Sombrerete (Zacatecas)
2007-2009
Mines San Martin
Cuivre, argent, plomb, zinc
atteinte à la santé, contamination de l’eau et dégradation des ressources naturelles
Municipio de Ocampo (Coahuila)
1980
Mine La encantada
Argent et plomb
Appropriation illégale de territoire, dégradation environnementale
Mazapil (Zacatecas)
1940 – 1980
Mine Nuevo Mercurio
Mercure
Dégradation environnementale, déplacement de population
Mexicali (Baja California)
1994 – 2020
Mine Real de Angeles
Or, argent
Dégradation environnementale, mauvais usage de l’eau, pollution.
Cerro San Pedro (San Luis Potosi)
1995-2000
San Xavier
Or, argent
Dégradation environnementale, atteinte à la santé, pollution,
Veta grande (Zacatecas)
1998
Veta grande
Or, argent, plomb, zinc, étain
Atteintes à la sante, pollution, déplacement de population, violence au sein des communautés locales
Agricola de Cananea (Sonora)
1999-2019
Mine Maria
Cuivre et molybdène
Graves atteintes à l’environnement. Atteintes à la santé. Dégradation des ressources naturelles.
Santa Marie de Zaniza (Oaxaca)
1989
Altso Hornos, Sierra Sur
Fer et acier
Déplacement des communautés, Dégradation des ressources naturelles
Molango, Lolotla, Xochicoatlan (Hidalgo, Mexico)
1999-2020
Mine Autlan
Manganèse
Atteintes à la santé, pollution, dégradation des ressources naturelles
Santa Miguel de Aquila (Michoacan)
2000-2020
Mine Las encinas
Fer et acier
Déplacement des communautés, augmentation de la violence locale, pollution
Ocotlan (Oaxaca)
2002-2020
Empresa Natividad
Or et argent
atteintes à l’environnement, Déplacement des communautés, dégradation des ressources naturelles (eau)
Pasta de Conchos (Coahuila)
2006
Mine Pasta de Conchos
Or et argent
Mort de 65 travailleurs.
Cocula (Guerrero)
2007-2020
Media Luna
Or et argent
Déplacement des communautés, augmentation de la violence locale, pollution
Cananea (Sonora)
2007
Mina Cananea
Cuivre, zinc, or, argent, molybdène
Dégradation des ressources naturelles (eau), conflits sociaux sur les conditions de travail, pollution
Motozintla (Chiapas)
2007
Ejido Carrizal
Or
Conflit avec les communautés locales, intimidation.
Tenascaltepec (Estado de Mexico)
2007
La Guitarra
Or et argent
Atteintes à la santé, pollution, dégradation des ressources naturelles
Cata (Guanajuato)
2008
Mina Cata
Or et argent
atteintes à l’environnement, pollution, dégradation des ressources naturelles
Chicomuselo (Chiapas)
2008
Tres minas
barytine
Conflit avec les communautés locales, intimidation.
San Miguel Tuligtic (Puebla)
2009
Ixtaca
Or et argent
Conflit avec les communautés locales, intimidation, pollution
San Jose de Progreso (Oaxaca)
2009
Mine Trinidad
argent
Conflit avec les communautés locales, intimidation, augmentation de la violence
Huehuetlan el Grande (Puebla)
2009-2020
Projet d’exploration d’Autlan-Australian
argent
Conflit avec les communautés locales, expulsion, pollution, atteintes à la santé
Mazapil (Zacatecas)
2009-2020
Penasquito
Or, argent, zinc, plomb
Conflit avec les communautés locales, dégradation de l’environnement, pollution, atteintes à la santé
Caborca (Sonora)
2009
La Herradura
Or, argent
Appropriation illégale du territoire, intimidation de la population locale
Wiricuta San Luis Potosi)
2010
La Luz
argent
Conflits avec les communautés, pollution
Ensenada (Baja California)
2010
El Arco
Cuivre et or
Dégradation des ressources naturelles, pollution
San Antonio (Baja California Sur)
2010
San Antonio
Or
Dégradation des ressources naturelles, pollution, Conflits avec les communautés
Mazapil (Zacatecas)
2010
Calcosita-Salaverna
Cuivre
Déplacement de communauté, expulsion
Tlahualilo (Durango)
2011
Excellon Resources
Cuivre
Confiscation des terres, conflits avec les communautés locales, tentative d’expulsion
San Miguel del Progreso (Guerrero)
2011
Corazon de Tinieblas
Cuivre
conflits avec les communautés locales, tentative d’expulsion
Micatlan y Temixco (Morelos)
2012
Cerro el Jumil
Or et argent
Dégradation des ressources naturelles (eau), atteintes à la santé, pollution
Minatitlan-Cuautitlan (Jalisco –Colima)
2012
Pena Colorada
Fer
Déplacement des communautés locales, augmentation de la violence, pollution
Tetela de Ocampo (Puebla)
2012
Las Espejeras
Or
Dégradation des ressources naturelles, conflit avec les communautés
Santiago de Zautla (Puebla)
2012
La lupe
Or
Conflits avec les communautés, dégradation des ressources naturelles
Buenaventura (Chihuahua)
2012
Mine Cascabel
Or, argent, barytine
Conflits avec les communautés ; augmentation de la violence, pollution
Magdelena de Telipac (Oaxaca)
2013
Plata Real
Or et argent
Dégradation des ressources naturelles, intimidation de la population locale
Tequesquitlan (Jalisco)
2013
Minera Gan-Bo
Or, argent, fer
Dégradation de l’environnement, atteintes à la santé
Zacualpan (Colima)
2013
Mine Gabfer
Or, argent, fer
Conflits avec les communautés, intimidation de la population locale
Tlatlauquitepec (Puebla)
2013
El Areton
Or
Dégradation de l’environnement et des ressources naturelles
Chalchihuites (Zacatecas)
2014
Plata del Toro
Or, argent, zinc
Atteintes à la santé, dégradation des ressources naturelles (eau)
Mazapil (Zacatecas)
2014
Camino rojo
Or, argent, plomb, zinc
Conflit avec les communautés, appropriation illégale des terres, dégradation des ressources naturelles (eau)
Sierra de Samalayuca (Chihuahua)
2015
Samaloyuca Cobre
Cuivre
Pollution, détérioration des ressources naturelles, appropriation illégale des terres
Soconusco (Chiapas)
2015
El Bambu-casas viejas
Titane et minerai de roches
Dégradation de l’environnement et de la santé
Ojocaliente-Luis Moya (Zacatecas)
2015
El Coronel
Or et argent
Conflits sociaux (conditions de travail), atteintes à la santé
Gomez Palacio (Durango)
2016
Planta de Cianuro Sodico
Cyanure
Pollution, détérioration des ressources naturelles, atteintes à la santé, intimidation de la population locale
Sierra Negra (Puebla)
2016
Coyolapa-Aztlan
Cyanure
Pollution, détérioration des ressources naturelles, atteintes à la santé, intimidation de la population locale
Altar (Sonora)
2016
El Chanete
Or
Dégradation de l’environnement
Chalchihuites (Zacatecas)
2018
Del Toro
Argent
Conflit avec les communautés locales
Cet article a été initialement rédigé dans le cadre du projet PAPIME PE307724 : « Concepts et outils pour l’histoire de l’Amérique latine du point de vue de la théorie critique ».↩︎
Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (2018-ECLAC), Perspectives du commerce international pour l’Amérique latine et les Caraïbes, Santiago, p. 95. ↩︎
Voir : Ana Esther Ceceña et Paula Porras (1995), « Los metales como elemento de superioridad estratégica », in Producción estratégica y hegemonía mundial, coord. Ana Esther Ceceña et Andrés Barreda, Siglo XXI, Mexico. ↩︎
Ornelas Raúl (2017), « Vers une économie politique de la concurrence. La empresa transnacional « , in Problemas del desarrollo, numéro 189, avril-juillet, Mexique, p. 26. ↩︎
Voir : Harvey David (1990), La condición posmoderna, Amorrortu Editores, Argentine. ↩︎
La direction économique des nations et des entreprises détermine la tendance de la division technique sur laquelle s’articule et s’organise la production mondiale. ↩︎
Il s’agit de l’une des catégories de la surpopulation relative dans l’analyse de K. Marx (NdE). « Dès que la production capitaliste s’est emparée de l’agriculture, la demande de travail y diminue absolument à mesure que le capital s’y accumule. La répulsion de la force ouvrière n’est pas dans l’agriculture, comme en d’autres industries, compensée par une attraction supérieure. Une partie de la population des campagnes se trouve donc toujours sur le point de se convertir en en population urbaine ou manufacturière, et dans l’attente de circonstances favorables à cette conversion », Karl Marx (2000), Le Capital, Siglo XXI, T1 Vol. 3, Mexico, p. 800. ↩︎
Centro de análisis multidisciplinario (CAM), Facultad de Economía -UNAM, à l’adresse : https://cam.economia.unam.mx/ [consulté le 20/01/2025]. ↩︎
Autre catégorie de la surpopulation relative chez Marx (NdE) : « La surpopulation stagnante constitue une partie de l’armée active des travailleurs, mais son occupation est absolument irrégulière, de sorte que le capital dispose ici d’une masse extraordinaire de force de travail disponible ». Marx, 2000, p. 801. ↩︎
La croissance impressionnante de l’armée industrielle de réserve s’est accompagnée de flux migratoires latino-américains à partir des dernières décennies du 20e siècle. « En 1980, le nombre total de migrants internationaux latino-américains était légèrement supérieur à 6,5 millions. Une décennie après (1990), ce nombre s’élevait déjà à 11 millions, puis à 20 millions en 2000 ; la grande majorité d’entre eux a migré vers les États-Unis ». Ruiz Miguel (2022), « La proletarización de la Humanidad : una mirada desde América Latina », in Dilemas del Trabajo y las políticas laborales. Entre Neoliberalismos y Buen Vivir en América Latina en el Siglo XXI, Ariadna Ediciones, Santiago, p. 80. Voir aussi : Pellegrino, A (2003), La migración internacional en América Latina y el Caribe : tendencias y perfiles de los migrantes, CELADE-BID, Santiago de Chile. ↩︎
Concept formulé par David Harvey dans son livre : El nuevo imperialismo, Editorial Akal, Madrid, 2003. ↩︎
« Alors que les salaires nominaux diminuent, les heures de travail continuent d’augmenter. Si l’on prend le chiffre de la population salariée et qu’on le sépare en deux segments en fonction de la durée de la journée de travail, de 2012 à 2017, la population travaillant moins de 35 heures a diminué de 25 % à 23,3 %. En revanche, la population travaillant 35 heures ou plus a augmenté de 3 728 000 personnes, passant de 72,6 % à 74,1 %. Si nous regardons en détail, les travailleurs qui travaillent de 35 à 48 heures par semaine sont le groupe qui a le plus augmenté de 2012 à 2017, de presque 3 millions de personnes, ce qui nous indique une généralisation de l’extension de la journée de travail, ce qui est compréhensible puisque 24 heures et 31 minutes sont déjà nécessaires pour obtenir le panier alimentaire recommandé [Canasta Alimenticia Recomendable – CAR] ». Reporte de Investigación 127. “México 2018: Otra derrota social y política a las clases trabajadoras; los aumentos salariales que nacieron muertos”. Disponible: http://cam.economia.unam.mx/1018-2/ [consulté le 20/01/2025]. ↩︎
Dernière catégorie de la surpopulation relative (NdT). Nous parlons ici de la surpopulation résultant d’une branche d’activité spécifique parce que la division du travail a enchaîné les travailleurs au sein d’une branche d’activité particulière. « En raison de la consommation rapide de la force de travail par le capital, le travailleur d’âge moyen est déjà, dans la plupart des cas, un homme usé et démodé. Il rejoint les rangs de la surpopulation ou est relégué à un rang inférieur, tandis que le capital le remplace par une nouvelle force de travail. La croissance absolue de la classe ouvrière exige donc une forme qui augmente son nombre, même si ses éléments s’usent rapidement. Un remplacement rapide des générations ouvrières est donc nécessaire ». Marx, 2000, pp. 789-800. ↩︎
Cela a donné lieu à de nombreuses spéculations et manipulations à propos de l’attribution des concessions. L’astuce consistait à changer le nom ou le contrat d’une entreprise dont la durée de concession arrivait à son terme. On pouvait ainsi vendre la concession à une autre entreprise, qui appartenait parfois à la même filiale que celle qui possédait la concession initiale, sauf que, comme elle portait désormais un autre nom, la durée de la concession recommençait à zéro. ↩︎
Cela a donné lieu à de nombreuses spéculations et manipulations à propos de l’attribution des concessions. L’astuce consistait à changer le nom ou le contrat d’une entreprise dont la durée de concession arrivait à son terme. On pouvait ainsi vendre la concession à une autre entreprise, qui appartenait parfois à la même filiale que celle qui possédait la concession initiale, sauf que, comme elle portait désormais un autre nom, la durée de la concession recommençait à zéro. ↩︎
En 2012, First Majestic Silver Corp. a occupé 4000 hectares de terres riches en ressources minérales, ce qui a généré un bénéfice brut de 1 464 679 535 pesos. Or, cette compagnie n’a payé que 8,52 pesos pour chaque hectare occupé. Rapport CAMIMEX 2013. ↩︎
Rodríguez Wallenius, Carlos A. (2022), « Desigualdad y violencia, herencias de la minería en Mezcala, Guerrero », in Minería en México : panorama social, ambiental y económico, coord. Azamar Alonso Aleida et Téllez Ramírez Isidro, CAMIMEX, Mexico, p. 138. ↩︎
Après un blocus organisé par la communauté paysanne de Mazapil à Zacatecas, la compagnie minière Goldcorp a accepté de verser une infime partie de ses dividendes. « Avant le blocus de l’ejido de Cedros, pour 1 000 dollars de métal extrait et vendu, l’entreprise recevait 999,90 dollars et les communautés seulement 10 cents ! Après le blocus, la situation s’est améliorée pour les communautés, mais pas de beaucoup : pour 1 000 dollars vendus, l’entreprise perçoit 999,12 dollars et les communautés 88 cents. Claudio Garibay, Andrés Boni, Francesco Pánico et Pedro Urquijo (2014), « Corporación minera, colusión gubernamental y desposesión campesina. The case of Goldcorp Inc. in Mazapil, Zacatecas » in Desacatos issue 44 Mexico City, Jan./Apr. p. 138. ↩︎
« L’aliénation du travail n’est pas un phénomène individuel, mais une condition structurelle qui organise les territoires et les relations sociales en fonction des exigences du capital » Ceceña Ana Esther, Barreda Andrés coordonnés (1995), Producción estratégica y hegemónica mundial, Siglo XXI-Universidad acional Autónoma de México. Mexique, p. 74. ↩︎
Claudio Garibay, Andrés Boni, Francesco Panico et Pedro Urquijo, (2014), p. 139. ↩︎
(Zaremberg, Guarneros, Flores et Torres, 2019). Zaremberg, G., Guarneros Meza V., Flores Ivich G. et Torres Wong, M. (2019). Conver sing with Goliath : Base de données hémérographiques sur les conflits dans les industries minières, des hydrocarbures, hydroélectriques et éoliennes au Mexique. Disponible à l’adresse https://obser vandoagoliat.com/base-de-datos/. ↩︎
Voir : Isidro Téllez Ramírez et Aleida Azamar Alonso (2022), p. 138. ↩︎
Hipólito Esteban, J., & Azamar Alonso, A. (2022), « Proyecto Mina Esperanza, México : un proceso conflictivo », Revista Universidad y Sociedad, 14(2), p. 489. ↩︎
Ou ACEUM en anglais, qui désigne l’accord de libre échange entre les Etats-Unis, le Canade et le Mexique, entré en vigueur le 1er juillet 2020 (Ndt). ↩︎