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1er Mai 2021

Quelle dynamique de la bifurcation?

Pierre Bailly, économiste, Université Grenoble-Alpes

La bifurcation ouverte par les deux grandes crises de la mondialisation néolibérale sur le plan du fonctionnement de l’économie avec la crise de la financiarisation (crise dite des subprimes de 208) puis celle du modèle libéral dans ses dimensions sociale et politique face à la pandémie (Covid 2020) inaugure une période de transformations profondes de l’ensemble du monde instauré après la Seconde Guerre mondiale. Les deux crises successives démontrent que la réduction de l’économie au domaine financier appuyé sur l’efficience des marchés pouvait dédaigner l’économie de la production repose sur des illusions violemment démenties par les faits. L’économie réelle retrouve une place prépondérante avec la pandémie pour faire face à la pénurie de biens (masques, respirateur et autre gel) et de services (les personnels formés) à laquelle les marchés financiers se révèlent incapables de répondre.

La discontinuité de la mondialisation néolibérale dépasse les difficultés du modèle de croissance financiarisée appuyée sur une organisation globalisée des échanges, une simple parenthèse dans un ordre immuable. Elle inaugure une transformation fondamentale de l’organisation des sociétés, une bifurcation ouvrant la voie à différentes options alternatives du système monde aussi bien dans les modes de produire, de travailler, de vivre en société que des relations avec l’environnement naturel. Les particularités de ce nouveau monde s’élaboreront progressivement en fonction du résultat des luttes et des conflits pour aboutir à une stabilisation globale des échanges (économiques, politique et sociaux). La période actuelle constitue une rupture avec le modèle qui émerge au cours de la période de bifurcation marquant la fin du capitalisme libéral dont les principes généraux sont ceux imposés par les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale se caractérise par une multiplicité et une diversité remarquable des situations nationales. Selon le point de vue, ce modèle dans sa version capitaliste pourra être qualifié de social-démocrate, de capitalisme managérial, de New Deal, du socialisme réel pour la version soviétique. Sur un plan théorique le système monde après 1945 articule des systèmes productifs nationaux régulés par des États avec selon les cas une dominante d’État social (France) ou d’État providence (GB EU) polarisé par la confrontation entre les États-Unis et l’Union soviétique. Du fait de sa propre dynamique, qui inclut la disparition des colonies, les conditions initiales du succès conduisent à une ouverture internationale progressive qui se transforme en une nouvelle forme de mondialisation qui privilégiant les marchés financiers se heurtent à ses propres contradictions.

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1er Avril 2021

2000-2019, deux décennies de croissance pour de nombreux pays périphériques. Et qu’en est-il de leur développement ?

Patrice Allard, Rédacteur en Chef de Informations et Commentaires

« Aujourd’hui, je ne pense pas que ce qui permet à un pays de se développer, ce sont les matières premières, les richesses naturelles, ni même simplement les forces productives. Je crois au contraire que la clé du développement réside dans la capacité à mobiliser les populations autour d’un projet collectif, autour d’une vision, et dans le fait d’être suffisamment crédible et légitime pour que la population accepte de faire des sacrifices pour que demain soit meilleur qu’aujourd’hui. »

Cette conviction, exprimée par Kako Nubukpo[1], invite à porter le regard sur les conditions suivant lesquelles des processus de développement ont pu se mettre en place ou ne pas se produire dans les pays périphériques au cours des deux dernières décennies[2].

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